Le barème kilométrique utilisé pour déclarer les frais réels aux impôts intègre une majoration spécifique aux véhicules 100 % électriques depuis 2020. Cette majoration de 20 % modifie le montant déductible après application de la formule standard. Les véhicules hybrides, eux, n’en bénéficient pas. Comprendre ces mécanismes avant d’utiliser un simulateur frais kilométrique évite des erreurs de déclaration qui peuvent coûter cher lors d’un contrôle fiscal.
Majoration de 20 % pour véhicule électrique : sur quoi porte-t-elle exactement ?
La plupart des simulateurs affichent un résultat majoré pour les voitures électriques sans expliquer la mécanique du calcul. Le piège est de croire que la majoration s’applique uniquement au coefficient kilométrique. Ce n’est pas le cas.
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La majoration de 20 % porte sur le montant total obtenu après application complète de la formule du barème. Concrètement, le simulateur calcule d’abord l’indemnité selon la puissance fiscale et la distance parcourue, en appliquant le coefficient au kilomètre et le forfait de régularisation propre à chaque tranche. Puis il multiplie ce résultat par 1,20.
Prenons un véhicule de 5 CV parcourant 10 000 km par an. Le barème standard donne un montant de 4 965 euros. Avec la majoration électrique, ce montant passe à 5 958 euros. L’écart de près de 1 000 euros montre l’impact réel de cette bonification sur la déduction fiscale.
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Cette règle est codifiée à l’article 6 B de l’annexe IV du Code général des impôts. Un simulateur fiable doit appliquer la majoration sur le total, pas sur un coefficient intermédiaire.

Véhicule hybride et barème kilométrique 2026 : aucune majoration applicable
C’est l’erreur la plus fréquente dans les simulateurs mal configurés. Les véhicules hybrides, y compris hybrides rechargeables, ne bénéficient d’aucune bonification. Leur traitement fiscal est strictement aligné sur celui des véhicules thermiques.
Un simulateur frais kilométrique qui proposerait une « option hybride » avec majoration ferait une interprétation erronée du barème. La distinction est binaire : soit le véhicule est 100 % électrique et la carte grise porte la mention correspondante, soit il ne l’est pas et le barème standard s’applique.
Pourquoi cette exclusion persiste en 2026
Le barème kilométrique est gelé depuis l’arrêté du 27 mars 2023. Les montants applicables en 2024, 2025 et 2026 sont identiques. La majoration de 20 % reste réservée aux seuls véhicules dont la source d’énergie est exclusivement électrique. Aucune extension aux hybrides n’a été introduite dans les textes successifs.
Pour un conducteur d’hybride rechargeable, la déduction fiscale se calcule donc avec les mêmes coefficients qu’un diesel ou un essence de puissance fiscale équivalente. La seule différence réside dans les coûts réels de carburant et de recharge, qui ne sont pas reflétés par le barème forfaitaire.
Simulateur frais kilométrique : les paramètres à vérifier avant de déclarer
Tous les simulateurs en ligne ne se valent pas. Certains n’ont pas été mis à jour depuis le gel du barème, d’autres appliquent la majoration électrique de façon incorrecte. Avant de reporter un montant sur votre déclaration de revenus, vérifiez ces éléments :
- La puissance fiscale renseignée correspond à celle inscrite sur la carte grise (rubrique P.6), pas à la puissance moteur en chevaux DIN ou en kilowatts
- Le type d’énergie sélectionné distingue bien « 100 % électrique » des autres motorisations, sans catégorie intermédiaire « hybride majorée » qui n’existe pas dans le barème officiel
- La distance annuelle déclarée couvre uniquement les trajets professionnels : domicile-travail (dans la limite de 40 km par trajet sauf circonstances particulières) et déplacements professionnels ponctuels
- Le résultat affiché pour un véhicule électrique est bien supérieur de 20 % au résultat obtenu avec les mêmes paramètres en thermique, ce qui confirme que la majoration est appliquée sur le total
Frais de recharge : déjà inclus dans le barème majoré
Le barème kilométrique couvre forfaitairement l’amortissement du véhicule, l’entretien, les pneumatiques, l’assurance et l’énergie consommée. Pour un véhicule électrique, les frais de recharge sont donc déjà intégrés dans le montant majoré de 20 %. Les ajouter en supplément constituerait un double comptage que l’administration fiscale peut requalifier.
Seules les dépenses de péage et de stationnement professionnel peuvent être ajoutées au montant issu du barème, à condition de conserver les justificatifs.

Frais réels ou abattement forfaitaire de 10 % : quand basculer
Le simulateur donne un montant, mais encore faut-il savoir s’il est pertinent de l’utiliser. Par défaut, l’administration fiscale applique un abattement forfaitaire de 10 % sur les revenus d’activité pour couvrir les frais professionnels. Opter pour les frais réels n’a de sens que si le montant calculé dépasse cet abattement.
Pour un salarié dont le revenu net imposable se situe dans une fourchette moyenne, le seuil de rentabilité dépend à la fois de la distance domicile-travail et de la puissance fiscale du véhicule. La majoration de 20 % pour les véhicules électriques abaisse mécaniquement ce seuil : elle rend l’option frais réels avantageuse à partir d’une distance quotidienne plus courte qu’avec un véhicule thermique.
Justificatifs à conserver
L’option frais réels impose de pouvoir justifier chaque élément déclaré. Les documents à garder sont :
- La carte grise du véhicule, qui atteste de la puissance fiscale et du type d’énergie
- Une attestation de l’employeur confirmant l’absence de prise en charge des frais de transport, ou le montant remboursé à déduire
- Les factures d’entretien et, le cas échéant, les relevés de péage
Les salariés doivent conserver ces pièces pendant trois ans. Les travailleurs indépendants sont soumis à un délai de conservation de dix ans.
Le barème gelé depuis 2023 simplifie au moins un aspect : pas besoin de vérifier chaque année si les coefficients ont changé. En revanche, la distinction nette entre 100 % électrique et toute autre motorisation reste le point de vigilance principal lors de l’utilisation d’un simulateur frais kilométrique en 2026.

