Rendement moyen d’un PEA : à quoi s’attendre en 2024

Un placement boursier peut rester exonéré d’impôt sur les plus-values, à condition de respecter un délai de cinq ans et de ne pas effectuer de retraits précoces. Pourtant, la performance obtenue varie fortement d’un établissement à l’autre, indépendamment des indices de référence affichés.Les écarts de frais de gestion, la diversité des titres éligibles et la fiscalité particulière expliquent des rendements parfois éloignés des moyennes annoncées. Certaines solutions offrent une flexibilité accrue, tandis que d’autres imposent des restrictions qui freinent la croissance du capital.

Le PEA en pratique : fonctionnement, avantages et types de plans

Le plan d’épargne en actions (PEA) occupe une place bien à part dans le paysage de l’investissement boursier. Imaginé pour celles et ceux qui veulent miser sur la croissance des sociétés européennes tout en maîtrisant leur fiscalité, il peut être ouvert aussi bien auprès d’une banque que d’un assureur. Ce dispositif ouvre la porte aux titres de sociétés européennes, principalement des actions, le tout sous un régime fiscal favorable. Le plafond de versement pour un PEA classique atteint 150 000 euros. Pour les investisseurs qui souhaitent aller plus loin, le PEA-PME permet de se tourner vers des titres de PME et d’ETI, avec un plafond additionnel de 225 000 euros, tout PEA confondu.

Pas de dédale administratif inutile : il suffit d’alimenter le plan, de choisir les titres éligibles et de gérer son portefeuille selon ses envies ou sa stratégie du moment. L’ouverture d’un PEA est limitée à un exemplaire par personne majeure rattachée à un foyer fiscal domicilié en France. Depuis 2019, les enfants majeurs rattachés au foyer fiscal de leurs parents peuvent ouvrir un PEA à leur nom, dans la limite d’un plafond de 20 000 euros.

Après cinq ans, les gains réalisés profitent d’une fiscalité particulière : ils sont exonérés d’impôt sur le revenu, mais restent soumis aux prélèvements sociaux. Deux grandes familles existent : le PEA bancaire, largement répandu, et le PEA assurance, adossé à un contrat de capitalisation, souvent apprécié pour sa souplesse sur certains supports.

Pour mieux s’y retrouver, voici les grandes variantes du PEA, avec leurs traits distinctifs :

  • PEA classique : une solution pour investir dans les grandes valeurs européennes.
  • PEA-PME : donne accès à une sélection de PME et d’ETI cotées, parfait pour diversifier son portefeuille.
  • PEA assurance : gestion déléguée via des unités de compte, souvent perçue comme une alternative au compte titres ordinaire (CTO).

Le choix entre ces formules dépendra de vos attentes : envie de gérer vous-même, besoin d’accompagnement, ou appétit pour des secteurs spécifiques proposés par votre banque ou votre assureur.

Rendement moyen d’un PEA : à quoi s’attendre selon votre profil et la fiscalité

Espérer un rendement unique pour le PEA relève d’une illusion. La performance concrète dépend avant tout de votre style d’investissement : valeurs de croissance, titres à dividendes, ETF larges ou sélection maison. Sur la durée, la place de Paris tourne autour de 7 à 8 % par an (dividendes réinvestis), mais rien n’est écrit d’avance. Les résultats suivent les cycles, varient selon la composition du portefeuille et, surtout, selon votre tolérance face aux secousses des marchés.

Le grand atout du PEA ? Un régime fiscal différé qui agit discrètement, mais sûrement. Tant que les gains restent investis, aucun impôt sur le revenu ne vient rogner la performance. Seuls les prélèvements sociaux (17,2 %) s’appliquent lors d’un retrait après cinq ans. Sortir avant l’échéance ferme généralement le plan, sauf exception (licenciement, invalidité…). Ce différé fiscal démultiplie l’effet boule de neige sur la capitalisation : au fil des ans, l’écart se creuse avec d’autres supports.

Le profil d’investisseur change tout. Les passionnés de stock picking, parfois plus expérimentés, visent la barre des 10 % par an mais acceptent les tempêtes. D’autres préfèrent des ETF larges pour amortir les variations, avec une performance qui colle aux indices. La fiscalité PEA reste l’un des grands attraits de ce produit, loin devant l’assurance vie dès qu’il s’agit d’actions européennes, grâce à l’exonération d’impôt sur les plus-values au bout de cinq ans.

La gestion ne doit jamais être prise à la légère : frais de courtage, choix des supports, arbitrages réguliers… C’est la répétition, la patience et le suivi qui construisent réellement la performance, bien plus qu’un coup de chance.

Tirelire remplie de pièces et billets d euro sur une table en bois

Comparer les offres pour choisir le PEA le plus adapté à vos objectifs

Avant d’ouvrir un PEA, il est judicieux de scruter à la loupe ce que proposent les différents acteurs. Banques traditionnelles, banques en ligne ou assureurs : chacun propose sa formule, que ce soit via un PEA bancaire ou un PEA assurance. Les différences se jouent sur les frais, les outils de gestion et la variété des titres éligibles. Selon vos priorités, vous pourrez privilégier la diversité d’actions, l’accès aux ETF ou une gestion pilotée, si vous souhaitez déléguer.

Pour faire le tri, voici les points à examiner de près :

  • PEA bancaire : accès direct aux marchés, gestion autonome, mais attention aux frais qui varient parfois du simple au triple selon les établissements. L’ergonomie de la plateforme et la réactivité du service client sont des aspects à ne pas écarter, surtout si vous avez des exigences élevées.
  • PEA assurance : intégré dans un contrat d’assurance vie, il offre généralement une gestion plus souple, mais un univers d’investissement plus restreint. Certains contrats incluent des fonds en euros, ce qui peut réduire l’exposition boursière et donc la performance attendue.

Le service client mérite une attention particulière, notamment pour les débutants ou ceux qui anticipent des arbitrages fréquents. Un conseiller réactif et compétent peut éviter bien des écueils, qu’il s’agisse de transferts, de modifications ou d’opérations spécifiques.

Pensez aussi à l’option PEA PME pour cibler les entreprises de taille intermédiaire. L’offre reste plus limitée, mais l’avantage fiscal perdure. Le choix du bon établissement influencera directement la performance nette de votre portefeuille, année après année.

Débuter avec un PEA, c’est amorcer la construction de son patrimoine financier : chaque paramètre compte, chaque choix oriente le futur. À chacun de composer sa propre partition pour que l’investissement prenne tout son sens.

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