Un crédit à la consommation impayé ne peut pas être réclamé indéfiniment. La loi impose un délai précis au-delà duquel la dette ne peut plus être exigée par le créancier, même en cas de procédure judiciaire. Pourtant, ce délai n’est pas uniforme et varie selon la nature de l’action engagée, la qualité des parties ou la date du dernier paiement.La distinction entre prescription et forclusion reste source de confusion pour de nombreux emprunteurs et professionnels. Un seul acte de la part du débiteur ou du créancier suffit parfois à interrompre le délai initial, modifiant ainsi l’issue du litige. Les conséquences juridiques d’un impayé dépendent donc d’un calendrier souvent mal maîtrisé.
Prescription et forclusion : comprendre les délais qui encadrent les crédits à la consommation
Sur le terrain du crédit à la consommation, deux notions structurent toute la mécanique du recouvrement : prescription et forclusion. Chacune trace ses propres frontières, donne le rythme à la procédure et conditionne la marge de manœuvre de chaque camp. La forclusion, définie sans ambiguïté par le code de la consommation, impose au prêteur un délai de deux ans à partir du premier incident de paiement non régularisé. Ce compte à rebours commence dès le premier défaut et n’admet aucune pause, quelles que soient les discussions ou arrangements à l’amiable. Passé ce délai, toute action judiciaire se retrouve bloquée : le juge n’est plus habilité à trancher en faveur du créancier.
La prescription, elle, fonctionne sur une autre temporalité. Elle encadre la possibilité de réclamer la somme due par tout moyen, même en dehors du tribunal. Le délai classique est de cinq ans, mais il peut parfois descendre à deux ans selon la nature du crédit, ou s’allonger à dix ans si une décision de justice est déjà tombée. Contrairement à la forclusion, la prescription se réinitialise à chaque acte significatif concernant la dette : paiement partiel, action en justice, ou même une simple tentative de conciliation.
Depuis 2008, le législateur a resserré les boulons : l’idée, c’est d’écourter les litiges et d’offrir un cadre plus lisible pour tous. Les pratiques ont dû évoluer, et nombre de professionnels ont revu leur façon de traiter les dossiers pour ne pas se heurter à ces nouvelles limites.
Pour clarifier les choses, voici les principaux délais à retenir dans ces situations :
- Forclusion : 2 ans à partir du premier incident non régularisé, sans interruption possible
- Prescription : 5 ans dans la majorité des cas (parfois 2 ou 10 ans), délai qui repart à zéro en cas d’acte ou de paiement lié à la dette
Respecter ces échéances, c’est conditionner toute chance de recours devant la justice. Bien des dossiers tombent à l’eau simplement parce que le temps a fait son œuvre et que l’action a été lancée trop tard.
Quels sont les délais applicables en cas d’impayé sur un crédit à la consommation ?
Le premier impayé déclenche le chronomètre. Deux délais s’appliquent généralement : la forclusion et la prescription. Dès qu’un incident de paiement n’est pas régularisé, le prêteur dispose de deux ans pour saisir la justice. Même des échanges amiables ou la reconnaissance d’une partie de la dette n’interrompent pas ce délai.
Durant ces deux ans, le créancier peut opter pour différentes démarches : saisir le tribunal, déposer une demande d’injonction de payer, ou intenter une action plus classique. Si aucune de ces voies n’est activée à temps, la forclusion s’impose et ferme définitivement la voie judiciaire pour cette dette.
La prescription, quant à elle, s’étale sur cinq ans dans la plupart des situations, peut descendre à deux ans ou grimper à dix ans si un jugement a déjà été rendu. Certains cas particuliers permettent de remettre le compteur à zéro. Voici les principaux événements qui réamorcent le délai :
- Reconnaissance de dette
- Paiement partiel effectué par l’emprunteur
- Engagement d’une procédure judiciaire
- Mise en œuvre d’une médiation ou d’une conciliation
Ce dispositif vise à trouver un équilibre entre les droits du créancier et la protection du débiteur, qui ne doit pas vivre sous la menace permanente d’une action en paiement. Il reste toujours possible de contester le bien-fondé de la créance, le calcul des intérêts ou le montant réclamé. Le juge, expert du droit de la consommation, tranche si le différend persiste.
Conséquences d’un crédit impayé : actions possibles et ressources pour s’informer
L’incident de paiement sur un crédit à la consommation déclenche des conséquences immédiates. Dès le premier retard non soldé, l’emprunteur se retrouve inscrit au Fichier des Incidents de Remboursement des Crédits aux Particuliers (FICP), géré par la Banque de France. Ce fichage bloque tout nouveau crédit pendant cinq ans, parfois plus si un plan de surendettement intervient.
Dans ce contexte, le créancier peut missionner une société de recouvrement ou solliciter un huissier pour obtenir le paiement. Certaines créances sont même revendues à des sociétés spécialisées dans le rachat de dettes. À la somme initiale s’ajoutent alors frais, intérêts et pénalités, ce qui alourdit l’ardoise pour l’emprunteur. Si le créancier obtient l’accord du juge, des saisies peuvent être mises en place : comptes bancaires, salaire, mobilier, voire biens immobiliers n’échappent pas à cette mesure.
Pour sortir de l’impasse, plusieurs solutions existent. On peut solliciter un nouvel échéancier, demander un report temporaire des mensualités ou activer l’assurance du crédit en cas de perte d’emploi ou d’accident couvert. Lorsque la situation devient complexe, la commission de surendettement de la Banque de France peut suspendre les poursuites et proposer un plan adapté à la réalité financière de l’emprunteur.
Face à la diversité des règles et à la complexité des démarches, mieux vaut s’appuyer sur des sources fiables : textes légaux, conseils de juristes aguerris ou associations de consommateurs. Connaître chaque article, anticiper chaque délai, c’est avoir une longueur d’avance pour défendre ses intérêts face à la banque ou à l’organisme prêteur.
Ici, le temps ne joue jamais en faveur de l’inaction. S’informer, réagir vite et ne rien laisser s’installer, c’est éviter que le dossier ne devienne un terrain miné. Les délais ne sont pas un simple détail : ils tranchent littéralement le sort de la dette. Garder la main sur le calendrier, c’est refuser de laisser le silence sceller le destin du litige.

